Je suis une personne proche aidante depuis plus de vingt ans.
J’ai accompagné mon père, ma mère et maintenant je suis proche aidante
de ma belle-sœur avec mon frère.
J’ai aussi souvent accompagné mes amies lors de convalescence.
J’ai pris conscience que j’étais une personne proche aidante lorsque
j’ai commencé à être administratrice du conseil d’administration de Voix et solidarité.
J’ai été élevé dans l’entraide alors pour moi c’était naturel d’aider mes parents.
En tant qu’enfant, j’étais dans un rôle d’aider mes parents et
j’ai alors réalisé que j’étais aussi dans un rôle de personne proche aidante.
J’étais chanceuse, j’étais outillée dû à ma profession d’infirmière et donc
je savais souvent à quelle porte aller cogner selon le besoin que j’avais.
La période la plus difficile dans mon rôle de personne proche aidante a été durant
la Covid. J’étais la seule personne à pouvoir aller voir ma mère
dû aux mesures sanitaires mises en place par le gouvernement.
J’ai eu le privilège de l’accompagner et de la prendre dans mes bras
alors que mes frères et sœurs ne pouvaient pas.
J’ai eu de la difficulté à accepter la situation.
Ce qui m’a aidé à l’accepter a été le fait qu’on a pu tous être là
alors qu’elle était en fin de vie.
Gérer le sentiment de culpabilité durant les six mois
où j’ai été la seule à pouvoir voir ma mère a été la période la plus difficile
de mon rôle de personne proche aidante.
La proche aidance ça fait partie de ma vie.
Lorsque j’allais visiter ma mère durant la Covid,
je suivais les mesures sanitaires en place et pour cette raison,
je lui faisais un câlin à une main seulement afin de limiter les contacts.
Ma mère me disait qu’un câlin se faisait à deux bras et elle me prenait dans ses bras. J’étais la seule visite qu’elle pouvait avoir alors son visage s’illuminait lorsque
j’arrivais à la résidence. Ça valait tout l’or du monde.
Si j’avais un conseil à donner aux personnes proches aidantes qui sont au début de leur rôle ça serait de s’entourer, d’aller à des rencontres pour aller chercher des trucs et du soutien. Pour ne pas se sentir seule dans son rôle de personne proche aidante.
Je n’ai aucun regret d’avoir été une personne proche aidante parce que pour moi ça été un privilège de pouvoir accompagner mes parents. J’aime aider les gens parce que ça me fait tellement plaisir, je n’attends jamais rien en retour. Je sais que la roue tourne.
Il y aura la bonne personne sur mon chemin pour m’aider au moment où j’en aurai besoin.